Appel à communication

APPEL À COMMUNICATION

Colloque international

Evolution des représentations artistiques des identités marginalisées dans les Amériques (XIX-XXIème siècle) : ruptures et/ou continuités ?

25-27 NOVEMBRE 2026

UNIVERSITÉ DE LILLE

 

La fin du XXème siècle a été le témoin de transformations majeures dans le système-monde. Dans ce contexte de remise en cause du discours universaliste occidental, de nouvelles théories et notions telles la postmodernité, les modernités alternatives ou multiples, la postcolonialité et la décolonialité ont émergé pour repenser les réalités d’un monde multipolaire et globalisé. 

L’objectif de ce colloque est de faire un état des recherches sur les évolutions des représentations et des imaginaires d’identité et d’altérité sur/dans les Amériques, ainsi qu’aux enjeux de pouvoir qu’ils portent, à travers les pratiques et productions artistiques et culturelles et de poser les bases pour la création d’un réseau international de recherche dans la matière. La réflexion sur les contenus sera indissociable d’une réflexion sur les formes et les conventions narratives et esthétiques en tant qu’« instruments cognitifs » qui véhiculent une adhésion ou une critique au paradigme colonial de la connaissance et du pouvoir occidental (Guardiola). Parallèlement, depuis une perspective intersectionnelle, on s'intéressera aux pratiques artistiques qui problématisent les relations entre colonialité et genre, race, classe et sexualité, entre autres, en réfléchissant sur les bouleversements que l’imposition d’un système des genres eurocentré a entraîné dans les sociétés amérindiennes ou en donnant centralité aux expériences de femmes racialisées ou de personnes racialisées LGBTQIA+.

La prise de conscience du caractère universaliste des récits hégémoniques occidentaux et des exclusions et des hiérarchisations sur lesquelles ils ont été construits a produit un désir d’altérité dans les sociétés occidentalisées, qui cherchent désormais des espaces pour « écouter » des voix autrefois passées sous silence dans leurs propres discours, évoluant vers une narrative pluriverselle au lieu d’une narration universelle.

Si, d’une part cette ouverture à l’Autre a permis l’incorporation de récits et d’expressions marginalisées, elle a aussi créé une dynamique qui risque d'entraîner de reproduire les rapports de pouvoir entre centre et périphérie et de contribuer à la valeur du discours subalterne comme « actif-périphérie » (Barriendos). Dans cette dynamique, les expressions artistiques sont valorisées principalement en tant qu’art de la périphérie, soulignant ainsi sa position subalterne par rapport aux centres de pouvoir artistique.

Tiraillés entre ces aspirations et des intérêts souvent contradictoires, les pratiques, les discours et les objets culturels engendrés par les acteurs locaux adoptent toutes sortes de « stratégies pour entrer et sortir de la modernité » et donnent lieu à des expressions hybrides qui se soucient moins « de la préservation de la pureté que de la productivité des mélanges » (García Canclini).

Nous invitons les chercheu·r·se·s à soumettre leurs propositions explorant ces pistes de réflexion, sans toutefois s’y limiter :  

1. Évolution des représentations de l'Autre dans les Amériques : comment les représentations de l'Autre ont-elles évolué ? Quelles constantes retrouve-t-on dans les imaginaires des identités marginalisées, et comment se différencient-ils selon la position de l’artiste qui produit le discours ? Comment le traitement de l’altérité a-t-il évolué au XXIème siècle dans les institutions artistiques ou les industries culturelles ?

2. Décolonialité des discours et des formes narratives/esthétiques: dans quelle mesure les narrations prétendument décoloniales utilisent-elles des patrons narratifs qui renvoient à la colonialité ? Peut-on décoloniser les discours sans décoloniser les formes narratives et esthétiques héritées de la colonialité ?

3. Genre et arts décoloniaux/autochtones : quelle est la place du genre dans les réflexions sur les arts décoloniaux et autochtones ? Comment les pratiques artistiques décoloniales et autochtones problématisent-elles les relations entre colonialité et genre ?

4. Intégration des pratiques sensibles communautaires : peut-on intégrer dans un musée, dans des salles de spectacle, au cinéma ou dans des galeries d’art des pratiques sensibles autochtones sans les décontextualiser ?

5. Travail de l’imagination et contre-hégémonie : quel est le rôle du « travail de l’imagination » dans la construction de nouvelles logiques culturelles alternatives ou contre-hégémoniques ?

6. Réhabilitation des modes de représentation marginalisés : comment réhabiliter les modes de représentation, les formes artistiques et les sensibilités qui ont été déplacées ou marginalisées par la colonialité du savoir et de l'être ?

 

Les propositions de communications (500 mots maximum) accompagnées d'une brève biographie sont à envoyer avant le 1 mars 2026

Les langues du colloque sont le français, l’espagnol, l’anglais et le portugais.

Comité organisateur :

Juan Carlos Baeza (Université Sorbonne Paris Nord/ Pléiade), Marcelle Bruce, Roberta Previtera, Vinicius Cordeiro, Mikael Toulza, Diego Alonso Arévalo (Université de Lille/ CECILLE)

 

 

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